Ce qu’il en reste
Petit royaume se rabattant sur sa gloire passée. En effet, son territoire est maintenant réduit à la suite de la Révolution Treffisienne, Treffisal tente tant bien que mal de se reconstruire dans une politique de centralisation.
Le Royaume de Treffisal est un état indépendant longé par Aldatia et la République Treffisienne. Autrefois souverain de toutes les terres treffisiennes, le royaume fut forcé de se replier dans l’est suite à la révolution qui a secoué le pays. Il est officiellement en guerre avec la République treffisienne, bien que les combats aient cessé depuis longtemps.

Treffisal est un royaume établi sur les terres précédemment possédées par Tannuviel. Ses origines remontent au moment où les Hommes du Nord sont venus envahir le continent d’Andellar, en commençant par le phare de Meni’att ainsi que les villages alentour. Après avoir envahi Nifadà, l’armée de Radulfr, dit « le valeureux », décida, avec les hommes restants, de profiter de l’effet de surprise pour envahir le port de Treffisal, autrefois une terre possédée par Tannuviel. Les tannuveliens, afin de repousser l’attaque, décidèrent de s’allier avec Aldatia et d’y placer au pouvoir temporaire le général des armées de Tannuviel. Les barbares furent repoussés avec succès ; cependant, une révolte eut lieu contre Tannuviel, menée par l’ex-général des armées, et ne pouvant continuer de s’occuper de terres si loin de la capitale, les tannuveliens décidèrent de céder Treffisal ainsi que son port (contenant toute la flotte précédemment bâtie par Tannuviel) aux mains des hommes du général. C’est ainsi que Treffisal déclara son indépendance, et devint un royaume à part entière.
De par la puissance et l’influence passée de Tannuviel sur les terres qu’occupe actuellement Treffisal, c’est le royaume possédant la plus grosse et la plus importante flotte de navires. Cette nation est la capitale commerciale des échanges par bateau : on dit que tous les commerçants finiront tôt ou tard par passer par ce port. Lorsque Treffisal fut créé, le roi était si puissant qu’il avait réussi à centraliser une grande partie du pouvoir pour lui-même et à créer une armée nationale composée de ses troupes et celles de ses vassaux. Néanmoins, ses descendants furent moins habiles et moins puissants, et perdirent donc à terme progressivement le contrôle de l’armée, désormais contrôlée par la Commission Militaire — une commission ayant un véritable pouvoir, capable de renverser le roi si celui-ci était pris d’un trop grand excès de zèle ou de tyrannie.
Après la Révolution Treffisienne, c’est la fuite. Le roi devait se regrouper avec les vassaux, consolider ses forces et mettre en œuvre l’offensive qui détruirait à jamais le mouvement qui osait remettre en question son droit à régner sur les treffisiens — c’était essentiellement ce que le roi pensait qui allait se dérouler. En réalité, seule la fuite in extremis de lui et de sa cour fut réalisée. La glorieuse reprise des villes rebelles ne se matérialisa jamais ; au contraire, il perdit plusieurs villages dans des batailles contre les forces de la traîtresse, la générale Serenn, celle qui avait décidé de rejoindre les républicains dans leur expérience folle. Seule l’intervention militaire de Tannuviel sauva les quelques terres qui étaient encore sous contrôle royaliste.
La guerre fut conclue assez rapidement, bien qu’une paix ne fut jamais signée : les combats cessèrent après que les deux camps se rendirent compte qu’ils étaient tous deux impossibles à soumettre. Les premières années furent difficiles, il fallut apprendre à vivre avec la perte d’importantes parties du territoire national — la marine, autrefois fierté du royaume, était maintenant entre les mains des républicains — et accommoder les nobles exilés qui avaient perdu leurs terres dans la révolte. Toutefois, le royaume sut sortir de cette crise et put se remettre sur pied. Jugeant les restrictions sur ses pouvoirs comme la cause principale qui l’avait empêché d’écraser la révolte, avec le soutien de la noblesse, du clergé et de nombreux éléments dans l’armée souhaitant la réunification rapide du royaume, le roi fit abolir le conseil restreint et la commission militaire : plus jamais des intrigues de bas étage ne viendraient nuire au roi dans son exercice du pouvoir.
Avec ses nouveaux pouvoirs, le roi fit tout son possible pour affaiblir le reste de la bourgeoisie dans son royaume — celle-ci ne s’était pas révoltée, mais qui sait ce qu’elle pourrait faire dans cinq ou dix ans ? Lourde imposition, surveillance, droits politiques et économiques retirés : tout était fait pour s’assurer que cette classe n’ait plus la chance de recommencer une telle folie. Avec le soutien du roi de Tannuviel et du Parechann, un embargo international fut appelé à être imposé sur les républicains et leur gouvernement illégitime — l’oxygène devait être coupé à ce monstre qui, à tout moment, pouvait contaminer d’autres régions du continent.
Sans la Lune Pourpre, Treffisal serait encore un royaume capable de rivaliser avec d’autres nations. Sans la Lune Pourpre, des républicains assoiffés de sang n’auraient pas eu l’opportunité d’assassiner lâchement des familles entières pour la simple raison de leur origine sociale. Sans la Lune Pourpre, le roi régnerait de plein droit sur un royaume uni sous le ciel divin. Plus grande catastrophe de l’histoire de cette nation, elle a bouleversé l’ordre social qui faisait de Treffisal un pays envié par le monde entier — aujourd’hui, le royaume n’est plus que l’ombre de lui-même, requérant l’intervention militaire d’autres pays pour pouvoir encore exister sur les cartes d’Andellar. Bien qu’elle ait causé désordre, haine et violence, elle a aussi permis au roi de Treffisal de centraliser et d’augmenter son pouvoir sur son royaume et ses nobles.
La clique du conseil restreint et de la commission militaire, qui depuis des lustres restreignait les droits du roi à régner pleinement sur son royaume, fut écrasée grâce aux circonstances apportées par la Lune Pourpre. Sur le plan religieux, la Lune Pourpre fut interprétée par le clergé et beaucoup de personnes comme une punition divine visant à remettre les treffisiens sur le droit chemin en termes de religion.
Comme dit dans l’histoire, les terres de Treffisal étaient précédemment occupées par des tannuveliens, et de ce fait, leur culture est très similaire. Néanmoins, au fil du temps, de nombreuses particularités se sont formées, et la culture treffisienne est de nos jours assez à part, bien que la base tannuvienne soit toujours présente. Il règne tout d’abord à Treffisal une idée très forte voulant que si on le veut, on le peut — une idée très vraie pour les nobles et les bourgeois, beaucoup moins pour les serfs cultivant la terre ou les artisans, venant du fait qu’à Treffisal, beaucoup de hauts fonctionnaires sont arrivés à leur place grâce à leurs compétences et pas uniquement à leur haut rang de naissance. Beaucoup ont fait une brillante carrière militaire ou commerciale et ont atteint une fortune conséquente ainsi que de puissantes relations — l’argent est d’ailleurs une des grandes particularités de la culture treffisienne, n’étant pas mal vu, tout comme l’exposition de sa richesse personnelle en général.
Treffisal a une très forte culture de la fête : foires, bals, spectacles, carnavals, soirées privées ou publiques sont nombreux. Lors de ces fêtes, les habitants se lâchent souvent totalement, buvant à l’excès du vin allant de la piquette à des vins d’excellente qualité produits dans le pays ; dans beaucoup de fêtes de la haute société, les gens mangent à un tel excès qu’ils se font vomir discrètement pour recommencer à manger quand leur ventre est plein. Cette culture a cependant subi d’importantes transformations depuis l’exil du roi et des nobles de l’ouest : un certain conservatisme s’est forgé au fil des années grâce à l’influence grandissante de l’église et de l’intervention du roi, qui souhaitait s’assurer que jamais une révolte d’une telle ampleur ne puisse arriver une nouvelle fois.
Autrefois beaucoup moins influent et laxiste, le clergé d’aujourd’hui a maintenant une grande importance et a remplacé l’influence que pouvaient avoir les riches bourgeois et nobles auprès du roi — vu comme un signe de l’ancienne classe bourgeoise qui s’était révoltée, montrer ostentatoirement sa richesse est désormais mal vu en zone loyaliste. Beaucoup de traditions liées à la mer diminuent avec la perte des territoires côtiers ; bien qu’elles restent dans la mémoire de la population, de nouvelles fêtes et traditions durent être fondées au fil du temps. Par exemple, une fête à forte saveur revanchiste est annuellement organisée dans la capitale à la date de l’exil du pouvoir royal, où l’on brûle, piétine et détruit des symboles républicains en chantant des chansons à la gloire et à la réunification du royaume. Les carnavals, spectacles et foires restent des parts importantes des activités sociales treffisiennes ; finalement, l’idée qu’à Treffisal, ceux qui le veulent, le peuvent, fut lentement effacée des mémoires — après tout, c’est ce genre de pensées qui sont utilisées par les perturbateurs pour briser l’ordre social qui unit les treffisiens.
Les jeux sont eux aussi très importants, similaires à ceux joués à Tannuviel mis à part le fait que les sports sont bien plus présents. Le sport national, pratiqué par les nobles et la haute bourgeoisie, est le Calcio : ce sport voit s’affronter deux équipes de 27 joueurs qui doivent marquer le plus de buts possible dans un but (en général un chapiteau à l’extrémité horizontale de chaque terrain) avec un ballon, chaque match durant en moyenne cinquante minutes. Il était à la base pratiqué partout dans les villes, mais devant sa violence, des règles strictes ont été établies pour que les matchs ne se déroulent que sur les grandes places et qu’ils soient prévus à l’avance.
À part ça, il n’y a pas vraiment de règles et tous les coups sont plus ou moins permis, ce qui fait que les matchs sont en général très violents, menant à des blessures voire, très rarement, des morts. Les matchs sont suivis par une foule très nombreuse ainsi que par de la musique, et les vainqueurs sont récompensés en se faisant offrir un magnifique veau. De très fortes différences culturelles sont présentes entre les classes sociales : la « vieille » noblesse tannuvienne désormais treffisienne a gardé en grande partie sa culture d’origine ainsi qu’un côté religieux très fort.
Au niveau culinaire, le poisson est la nourriture de base de nombreux habitants qui vivent près des villes, surtout les nobles et la bourgeoisie — néanmoins, cela a évidemment changé avec la révolution et la perte des territoires côtiers, le poisson n’étant donc plus consommé que par les gens fortunés. Les cultures produisent surtout du blé, permettant d’alimenter la population bien que celle-ci craigne la faim en permanence ; la viande est assez rare et réservée à l’élite, les plus démunis consommant rarement du porc. La boisson populaire par excellence est le vin, allant de la piquette à des vins d’excellente qualité.
La révolution n’a pas vraiment affecté le rapport des treffisiens au combat. Évidemment, l’absence de côte compromet l’apprentissage du combat naval qui leur est pourtant si cher. L’équipement actuel du Royaume de Treffisal est cependant assez affaibli : la révolution s’est emparée d’une bonne partie des stocks. Tannuviel leur fournit toutefois un certain nombre d’armes et d’armures afin de permettre à l’armée treffisienne de s’équiper correctement, leurs armures ressemblant donc actuellement beaucoup à la composition tannuvelienne.
Au niveau des armes, l’usage de l’épée reste majoritaire chez les nobles. Les unités de l’armée treffisienne utilisent quant à elles plus souvent des messers. Treffisal apprécie l’usage des armes d’hast et utilise principalement la lance, bien que la hache d’armes soit assez en vogue dans les milieux les plus riches.




Les habitants de ce pays ensoleillé ont pour beaucoup la peau basanée ou mate. Leurs yeux sont souvent bleus ou gris, même si le marron est lui aussi courant. Les chevelures, quant à elles, varient du blond au brun, qu’elles soient lisses, ondulées ou bouclées. La taille moyenne réside entre 1m60 et 1m65.
La mode est particulièrement importante et extravagante à Treffisal, connue pour frôler la démesure et l’excès. Il n’est pas rare de voir des habitants vêtus de magnifiques habits colorés, cousus dans des tissus coûteux, ornés de broderies et de taille démesurée — certains se ruinent même pour se payer de tels vêtements et faire croire qu’ils sont bien plus riches qu’ils ne le sont vraiment. Pour certaines occasions, comme les grands bals masqués dont les treffisiens sont très friands, il arrive que les invités se déguisent, souvent de façon grotesque pour amuser la galerie ; il est aussi très courant de se payer des costumes magnifiques mais très inconfortables dans le but de séduire, certaines femmes portant parfois des robes avec des décolletés si plongeants que cela en devient ridicule.
Évidemment, cela concerne les occasions spéciales. Pour ce qui est du quotidien, et surtout pour les roturiers ayant peu de moyens, la mode treffisienne reste colorée. Les habitants de ce pays ont aussi moins de mal à dévoiler leur cou ou leurs épaules, à l’image de leurs voisins du sud.

Exemple d’habitants treffisiens
Inspirations réelles
Avec la perte des territoires côtiers, la tradition d’envoyer les jeunes des familles aisées sur un bateau marchand a presque entièrement disparu. Toutefois, les familles qui souhaitent absolument continuer cette tradition ont toujours la possibilité d’aller à Aldatia, mais c’est très rare. Aujourd’hui, ce qui est le plus répandu est de se porter volontaire pendant un an dans l’armée treffisienne — préparer la jeunesse à reprendre ce qui lui a été arraché par des opportunistes assoiffés de pouvoir est ce qui est pensé être la meilleure chose pour ces adultes en devenir.
Sous l’impulsion du roi et du clergé cherchant à ramener l’ordre dans un pays qui en manquait cruellement, la religion gagna grandement en influence et en ferveur. La pratique sans faute des enseignements religieux est encouragée, et un manquement à ceci peut être perçu comme un aveu de soutien au républicanisme, davantage relâché sur la religion. Les instances religieuses encouragent la population à procréer pour agrandir la grande famille treffisienne, mais surtout pour un jour surpasser en nombre les révoltés à l’Ouest. De nombreux saints locaux sont également vénérés à travers le territoire, chacun associé aux traditions et aux régions spécifiques de Treffisal.
L’élevage est assez peu répandu. Ce qui fait la réputation de Treffisal, ce sont surtout ses nombreuses vignes, réputées pour être la base de nombreux vins d’excellente qualité — la réalité est plus subtile, les vignes treffisiennes produisant en réalité des vins de toutes les qualités. Les meilleures vignes sont chéries par de riches propriétaires fonciers, des nobles la grande majorité du temps. L’Est contient quelques montagnes permettant une petite production minière.
À part dans le sud du pays, la faune est plutôt diversifiée et commune au reste des pays du centre d’Andellar. Les éleveurs élèvent une race de bœufs nommée simplement treffisienne, réputée pour sa viande assez grasse et de très bonne qualité, bien que son prix soit exorbitant. Au sud, on retrouve des animaux bien plus exotiques comme des scorpions, des fourmis rouges, des vipères, des gerbilles, des fennecs, des gazelles et surtout des dromadaires, utilisés par les nomades.
La société treffisienne est très mobile, et les différences entre les élites, qu’ils soient nobles ou bourgeois, peuvent être très floues selon la fortune de la famille.
À Treffisal, il a été décidé que pour affronter efficacement la République, il fallait une armée nombreuse. Ainsi, au fil des années, les nobles levèrent des armées dans leurs terres afin de servir la cause ; ayant perdu du pouvoir, ils n’ont plus le contrôle de leur armée, qui est de facto devenue l’armée royale. Désormais, le roi possède une force capable de défendre le dernier bastion de l’honneur, la dignité et la foi treffisienne, et une force militaire composée de plusieurs soldats de diverses nations est stationnée à Treffisal pour défendre les exilés d’une invasion de la République. L’armée treffisienne ne se porterait sans doute pas aussi bien sans les larges subventions envoyées par Tannuviel et Aldatia, soutenant évidemment la cause royale.
L’économie treffisienne est largement basée sur l’agriculture et l’extraction, ainsi que l’exportation de ressources premières. Bien qu’il y ait une partie consacrée à la transformation, elle reste très minime comparée au reste. Il est toujours important de rappeler que le royaume possède toujours ses nombreux vignobles, qui font la fierté des petits et grands producteurs. Outre cela, il est connu que l’économie treffisienne est grandement subventionnée par des investissements et aides monétaires venant des monarchies d’Andellar — une chute du gouvernement royaliste en exil serait une catastrophe pour ces pays, désireux de conserver un gouvernement de rechange pour quand, inévitablement, la République se déchirera et s’effondrera aussi vite qu’elle est apparue.
La santé est vraiment mauvaise et inégale au royaume. Étant souvent des bourgeois, beaucoup d’apothicaires ont soutenu la révolte ou ont fui les régions loyalistes à cause de la répression contre leur classe sociale. Ainsi, par le manque d’apothicaires en terres loyalistes, le prix des soins est exorbitant, et presque seuls les riches peuvent se permettre les services d’un apothicaire professionnel. Jusqu’à un retour triomphal des exilés chez eux, le peuple devra malheureusement se contenter de soins basiques.