✝️ Tannuviel

tannuviel

La Terre Sainte

Tannuviel est connu comme étant le berceau du monde. En effet, on raconte que Parédor l’aurait façonné depuis le sommet du Mont-Cristal. C’est l’une des plus vieilles nations du monde, toujours guidée par la religion, qui occupe une grande place dans sa culture et son histoire.

Hymne : "La voix de Parédor"
Devise : "Seul Parédor règne."

📜 Résumé

Considérée par beaucoup comme la plus grande puissance mondiale, et le "centre du monde émoune", Tannuviel est la nation la plus sainte de l’Emouna. Son histoire antique étant intrinsèquement liée à l’histoire meyased, elle abrite les lieux religieux les plus sacrés. Sa capitale, la ville de Tannuviel, est établie au pied du Mont-Cristal. C’est là-bas que vit le ou la Parechann, représentant de Parédor sur terre, ce dernier étant la personne la plus puissante du royaume, étant même en mesure de nommer le roi ou la reine. Sa culture est donc profondément marquée par la religion émoune, qui partagea presque deux millénaires de son histoire ; les habitants sont donc en majorité très religieux.

En termes de géographie et de superficie, Tannuviel n’est pas à plaindre : elle compte l’un des plus vastes territoires d’Andellar, et dispose de beaucoup de chaînes de montagnes pour la protéger. La société est marquée par la féodalité, qui occupe une place prédominante dans la vie de tous les tannuveliens. En effet, il n’y a que peu de centralisation étatique, et chaque seigneurie dispose de son sentiment national à part entière.

📖 L’Histoire de Tannuviel

🌅 Les origines de la Tannuviel antique

Il a existé plusieurs entités répondant au nom de Tannuviel au cours de l’histoire. En effet, Tannuviel est le nom de l’État fondé par le peuple meyased suite à la révélation de Parédor au prophète Zaphiel en 1618. On ne connaît de cette période que ce que les textes sacrés meyaseds et émounes veulent bien nous dire : le monde était à l’époque principalement composé de tribus païennes divisées, et Tannuviel allait très vite se démarquer par son organisation, autour d’une religion codifiée. Pendant 200 ans, la nation fut dirigée par le conseil des grands sages meyaseds, et si elle se portait bien sur le plan politique, elle connaissait une baisse de foi, telle que racontée dans les textes sacrés.

C’est dans ce contexte qu’est née Elisakh, dans un foyer moyennement pieux qui avait souvent des tendances idolâtres. Malgré cet environnement peu propice, elle se démarqua comme étant la plus fervente servante de Parédor de son époque : le récit meyased raconte que dès son enfance, elle entendit la voix de l’Éternel dans la nuit, l’informant qu’elle était destinée à de grandes choses. Très vite, son érudition et son contact avec Parédor la propulsèrent à faire tôt partie du conseil des sages, qui interprétèrent la prophétie d’Elisakh et voulurent faire d’elle la première Reine de Tannuviel — un choix que sa modestie lui fit longtemps hésiter à accepter, jusqu’à ce que Parédor lui-même lui donne le feu vert lors d’une séance de prière au Mont-Cristal.

C’est ainsi que Tannuviel devint pour la première fois un royaume dont le souverain fut choisi par Parédor lui-même. Le règne d’Elisakh est marqué par sa grande piété : elle codifia le Meyaïsme et compila l’Horaat pour la première fois, et le conseil des sages prit alors la responsabilité de désigner le souverain.

⚔️ La Première Guerre

De 2140 à 2199, Tannuviel connaît un moment compliqué de son histoire, menacée par l’émergence de petites nations païennes voisines telles que les tribus Torress et Myr à l’ouest, et l’arrivée sur le territoire de tribus nomades par le nord-est du pays. Plusieurs villages se voient alors pillés par les tribus nordiques, et Tannuviel se lance dans sa première guerre contre ces envahisseurs. Après des années de lutte intensive, une campagne d’envergure est lancée pour la reconquête du territoire Est par la Reine Ikhima — erreur stratégique, elle prend la majorité de son armée avec elle, pensant que les nations de l’Ouest ne se risqueraient pas à frapper après tant d’années de passivité. Les barbares nordiques sont sévèrement repoussés, mais les tribus de l’Ouest en profitent pour attaquer et faire une percée jusqu’à la capitale, mise à sac par la tribu Myr.

Des messagers parviennent à prévenir Ikhima ; s’engager dans le combat serait suicidaire après les lourdes pertes infligées lors de la guerre qui s’achevait. La légende raconte que Parédor lui aurait alors parlé dans la nuit, lui indiquant simplement de se battre et de remettre son destin entre ses mains. Malgré les doutes de nombreux meyaseds, Ikhima lança l’assaut, et c’est dans un assaut suicidaire que les troupes tannuveliennes pénétrèrent dans la capitale — un combat rendu plus compliqué encore lorsque des troupes toressiennes vinrent se joindre au combat par-derrière. Encerclée de toute part, il semblait impossible pour Tannuviel de remporter la victoire ; et pourtant, lentement mais sûrement, elle prit l’avantage et triompha des deux tribus.

Le reste de la guerre se passa sans embûches, et bien que sévèrement touchée, Tannuviel se releva. La foi des meyaseds n’en fut que renforcée, et cette victoire est encore aujourd’hui très importante pour ces derniers. C’est ainsi que Tannuviel s’installa durablement comme puissance dominante de la région, continuant son évolution en développant ses institutions — on dit que cette période est le premier âge d’or tannuvelien.

🏛️ La chute du royaume antique

En 2540, le grand Empire Roym (principalement établi sur le côté Est des montagnes d’Andellar) lance des campagnes d’exploration du monde d’au-delà des montagnes. Pour la première fois, des éclaireurs royms foulent les terres alentour de Tannuviel. L’Empire Roym vit lui aussi son âge d’or, et décide de lancer de grandes campagnes militaires d’expansion vers l’Ouest d’Andellar : les premières tribus tombent les unes après les autres, leur polythéisme rendant leur adaptation et leur assimilation facile, les royms faisant preuve d’une certaine tolérance à leur égard. Aux alentours de 2552, alors que les sages tannuveliens y voient la réalisation de la prophétie de la Grande Épreuve, le seul rempart fiable pour contrer l’invasion roym semble être le Royaume de Tannuviel, qui commence à lever de grandes armées.

Il ne faut pas longtemps avant que l’armée roym arrive aux frontières tannuveliennes. Prêtes au combat, les troupes n’ont que leur foi pour les défendre : du fait de l’avancement technologique supérieur des guerrier·e·s royms, les chances de victoire sont faibles. Les combats furent sanglants, et malgré la grande résistance des tannuveliens, l’Empire Roym commença par triompher sur l’entièreté de la partie Est du royaume. En 2565, les royms arrivent finalement aux portes de la capitale, où le reste de l’armée s’est réfugié ; assiégé, le Roi de Tannuviel est obligé de capituler pour espérer permettre aux meyaseds de conserver un peu de leurs droits et de pratiquer leur religion sous l’occupation. Tannuviel et ses terres alentours sont finalement annexées par l’envahisseur roym — la liberté de culte est assurée, et même si le royaume a bel et bien chuté, les temples et lieux de culte restent debout, en particulier le temple de Tannuviel, qui reste la capitale du monde meyased même pendant l’occupation roym.

En 2782, des turbulences politiques font se scinder l’Empire Roym : la religion de la partie Est se transforme peu à peu, et l’Empire est devenu trop grand pour être gouverné depuis sa capitale. La partie Ouest reste l’Empire Roym, dont la capitale est alors établie dans la cité de Tannuviel, tandis que la partie Est finira par devenir l’Empire Siyùnn. La tolérance religieuse des royms mena à une désunion religieuse assez forte dans les territoires de l’Ouest, et le morcellement de l’Empire était imminent ; c’est ainsi qu’en 2820, l’Empereur Roym finit par décréter la fin de la liberté de culte, et interdit la pratique de toute religion à l’exception des différentes dénominations hélïastres. La cité de Tannuviel, bien que nouvelle capitale de l’Empire, était une ville majoritairement meyased : investie par les forces impériales, tous les foyers meyaseds furent mis à sac, et le temple de Tannuviel, lieu le plus saint, fut détruit. Si certains meyaseds finirent par accepter la conversion, une bonne partie prit la fuite dans des villes plus éloignées du centre, tandis que dans l’ombre, les plus fervent·e·s croyant·e·s espéraient voir arriver le sauveur de la prophétie afin de mettre un terme à cette période de terreur.

✨ Yichéa, la délivrance

Comme le raconte le récit émoune, la mort de Yichéa sur la croix en 3036, et sa résurrection un an plus tard, furent des évènements significatifs pour la formation de la Tannuviel que nous connaissons aujourd’hui. Alors que l’Église Émoune commence à se former autour des enseignements de celle qu’ils appellent la fille de Dieu, les émounes se font de plus en plus nombreux — pour la première fois, ce sont les hélïastres qui commencent à se convertir à ce nouveau message universel. Bien que cachée, l’Église prend une ampleur sans précédent au sein de l’Empire, ce qui finit par le fragiliser : les royms perdent le contrôle sur bon nombre de leurs territoires, et en 4120, seuls les terres des actuels Tannuviel, Treffisal et Pésroq sont encore sous le contrôle impérial.

En 3156, la présence émoune est devenue telle que les persécutions ne suffisent plus à tenir l’ordre. Il ne reste plus grand-chose de l’Empire Roym : Tannuviel est prise par une révolte menée par des émounes, soutenus par les meyaseds ne souhaitant plus être persécutés. L’Empereur est capturé et crucifié, l’Empire est définitivement morcelé, et il devient nécessaire pour les émounes d’asseoir rapidement quelqu’un sur le trône afin de se raccrocher à la chute de l’Empire et de tenter de contrôler au mieux la ville sainte. Une femme du nom de Tilia, prétendant descendre de la Reine Elisakh, fut baptisée par la Parechann de l’époque et installée sur le trône de la cité de Tannuviel — c’est ainsi que débute le Royaume Émoune de Tannuviel, encore en place aujourd’hui, et c’est de cet évènement que les Paréchanns tirent leur droit fondamental de nommer le Roi ou la Reine de Tannuviel.

Après une cinquantaine d’années d’instabilité et de terreur, le contrôle a été majoritairement pris par les émounes sur les territoires de Tannuviel : bien que divisés entre plein de petits états indépendants, ces derniers ont pour beaucoup accepté de jurer fidélité au trône tannuvelien — ce sont les débuts de la féodalité. En 3210, les territoires tannuveliens s’étendent alors sur une bonne partie de la Tannuviel actuelle, mais aussi un peu sur la Treffisal actuelle, puisqu’il s’agissait d’une région précédemment administrée par l’Empire sur laquelle les émounes sont parvenus à garder le contrôle. C’est ainsi que Tannuviel s’est lancée dans la seconde grande partie de son histoire, qui la verra devenir une seconde fois la plus grande puissance mondiale, sous le soleil de la religion émoune.

🌑 L’Impact de la Lune Pourpre

Pendant la Lune Pourpre, toutes les seigneuries qui composent Tannuviel se sont rapidement mises d’accord pour organiser un plan d’action efficace : la fermeture des frontières pendant l’hiver rouge a été décrétée, et ce même entre les comtés et duchés, chacun devant au maximum rester dans sa contrée. Chaque année des quinze ans de Lune était articulée autour de la préparation pour l’hiver, les échanges et répartitions de provisions entre les seigneuries étant monnaie courante. Les villes, châteaux et villages importants ont donc en grande majorité tenu le coup ; malheureusement, les petits villages et infrastructures paysannes n’ont pas été épargnés, la faible capacité des tannuveliens à manier des armes faisant qu’une bonne partie d’entre eux étaient destinés à mourir s’ils se retrouvaient face à ces créatures démoniaques.

Conscients de cette faiblesse, les Tannuveliens furent contraints de se concentrer sur eux-mêmes, réduisant les échanges et contacts avec les autres nations, allant même jusqu’à devoir réduire l’aide militaire apportée à Aldatia pour avoir plus de personnes sur le terrain. Des patrouilles étaient organisées en tout temps pour tenter de prévenir les attaques et les invasions. Envers et contre tout, les tannuveliens ont gardé la foi : le combat contre les forces du mal se menait autant par les guerriers que par les membres du clergé, des messes étaient organisées tous les jours dans tous les villages, et tous priaient Parédor pour qu’il les protège et qu’il épargne ce monde.

Finalement, on peut dire que Tannuviel, de par son organisation, sa discipline et sa foi, parvint à gérer la Lune Rouge mieux que la moyenne — on estime le bilan humain aux deux cinquièmes de la population. Si Tannuviel n’a pas beaucoup perdu de sa puissance militaire, elle est cependant perdante sur le plan politique : sa concentration sur elle-même mena Aldatia et Myrilis, qui avaient déjà tendance à s’écarter de l’influence tannuvelienne (notamment à cause de l’éclairisme), à former « La Noble Alliance ». Sentant son influence diminuée, Tannuviel fut contrainte de faire pression sur les deux nations afin de parvenir, en 4802, aux accords du Lac de Cristal, entreprenant d’assurer la paix future entre les trois nations émounes : Tannuviel s’engageait à ne pas attaquer, en échange de quoi Aldatia et Myrilis furent contraintes de lui vendre une partie de leurs territoires afin de lui garantir un accès à la mer — la totalité de la flotte tannuvelienne étant auparavant accostée sur les ports militaires d’Aldatia.

🎭 La Culture Tannuvelienne

Tannuviel étant considérée comme la terre sacrée, son souverain est choisi par le Parechann lui-même. Bien que généralement il confie la couronne à l’enfant aîné du précédent souverain, il lui est déjà arrivé de juger qu’il n’était pas apte, et de choisir un autre souverain parmi les nobles pouvant prétendre au trône. Le Roi prend donc, partout dans le monde, la figure du souverain idéal, choisi par Dieu — c’est bien entendu une des raisons qui font qu’aujourd’hui, Tannuviel est sans contestation la plus grande puissance mondiale.

La culture de Tannuviel est fortement influencée par la religion émoune. Il est de fait inconcevable pour un tannuvelien d’avoir un comportement contraire aux préceptes de sa religion : les croyants se rendent régulièrement à l’église pour prier, aller aux messes ou se confesser, et la religion dicte la vie quotidienne des habitants. Ces derniers sont vêtus de façon à dissimuler le plus le corps, mis à part la tête ; la sexualité n’est jamais évoquée en public et très rarement en privé, n’étant liée qu’au mariage et à la reproduction, la chasteté étant de mise. L’argent est lui aussi très tabou : il ne doit servir que pour les besoins essentiels, il est donc mal vu d’abuser de biens futiles, et les tannuveliens, qu’ils soient nobles ou pauvres, s’habillent simplement. L’argent ne doit être gagné qu’à la force du travail, et ce qui n’est pas dépensé doit être en partie donné à l’Église après la messe — il est très mal vu de se vanter de sa richesse, et la charité est monnaie courante.

🎲 Les loisirs

Les loisirs sont nombreux à Tannuviel. Pour ce qui est des sports, le plus populaire est la soule, un jeu consistant à déposer un ballon (généralement une vessie de porc remplie de foin) dans un but ; le jeu se joue entre deux équipes allant d’une dizaine de personnes à plusieurs centaines, et peut se jouer aussi bien au sein d’un village que de deux, voire même d’une ville ! Quasiment tout est permis, mis à part l’usage de la violence (malgré tout, il arrive qu’il y ait des blessés, parfois graves). Le jeu de quilles est un autre sport très populaire : le principe est simple, lancer une petite balle sur des quilles alignées pour en faire tomber le plus possible d’un coup. Au niveau des loisirs intellectuels, les échecs sont très populaires parmi les bourgeois et les nobles, mais aussi les jeux de cartes, pratiqués par toute la population — néanmoins, l’argent étant très tabou et surveillé par l’Église, les jeux d’argent sont fortement interdits, et les joueurs punis s’ils se font attraper.

🍽️ Cuisine

La bière, produite en Tannuviel, est la boisson la plus populaire après l’eau, évidemment. Le vin, étant la plupart du temps importé, est consommé surtout par les classes les plus aisées. Au niveau culinaire, toutes les classes sociales consomment énormément de pain, de céréales, de légumes et de fruits. La viande est assez chère et généralement consommée par les plus riches ; les tannuveliens ont cependant pour habitude d’imposer bien plus de jours de jeûne végétarien que les autres nations, en raison de la forte importance de l’Église : il est de coutume de s’abstenir de viande lors des évènements importants, religieux ou non, afin de s’éprouver et de montrer son respect pour la Création.

⚔️ Combat

L’usage de la violence à outrance est très mal vu à Tannuviel, et l’on en réserve la charge à ceux et celles qui font régner l’ordre. Les chevaliers et chevaleresses y sont donc respectés à proportion : élevés dès l’enfance aux armes, on attend d’eux qu’ils soient pieux et justes autant qu’habiles.

L’adoubement fait le chevalier, il ne fait pas le vassal. Le seigneur qui adoube arme un homme et le reconnaît digne de porter l’épée. Rien de plus. C’est l’hommage et l’investiture qui font entrer dans la chaîne: celui qui reçoit en outre un fief devient l’homme de son seigneur et lui doit l’ost pour sa terre. Les autres restent chevaliers de maison, logés, nourris et soldés à la table de leur seigneur, sans un arpent à eux. Ils sont nombreux, et ce sont eux qui composent l’essentiel des armées privées du royaume.

Adouber un roturier ne l’anoblit pas davantage. Il porte l’épée, on le salue, il combat aux côtés des nobles, mais tant qu’aucune terre ne lui a été baillée, il demeure roturier, et ses enfants avec lui. Beaucoup de cadets de noble lignée sont dans une situation voisine, nobles de naissance et chevaliers de métier, sans rien tenir de personne : c’est le sort ordinaire de qui n’est pas né aîné.

Contrairement à certaines autres nations d’Andellar, le combat à Tannuviel est strictement professionnel. La majorité des habitants ne savent pas se servir ni même tenir correctement une arme, et se retrouveraient bien embêtés s’ils devaient aller au combat : l’art martial n’est enseigné qu’aux nobles, pour qui savoir se battre est une obligation, ainsi qu’aux combattants et combattantes de métier. La stratégie majoritaire à Tannuviel n’est en effet pas le nombre, mais la qualité — étant une nation assez riche, elle est capable de doter ses combattants d’équipement de grande qualité, l’équipement moyen d’un soldat tannuvelien étant en moyenne bien supérieur à celui des autres nations du monde.

Les nobles tannuveliens, qu’ils soient chevaliers ou seigneurs, font tous majoritairement usage de l’épée, notamment l’épée bâtarde — ou en possèdent tout du moins au moins une. Elle est vue comme la plus noble des armes, et est d’ailleurs interdite aux soldats dépourvus de titre. Les ecclésiastiques, notamment les évêques, se battent quant à eux strictement avec des armes contondantes en tout genre, la masse à une main et le bouclier restant les armes les plus utilisées ; le bouclier occupe d’ailleurs une place importante quelles que soient les classes sociales, les tannuveliens préférant en majorité les armes à une main. Les soldats non nobles se battent quant à eux majoritairement à la lance courte, les plus fortunés tendant à utiliser des haches d’armes ou d’autres armes d’hast.

Au niveau de l’équipement, la cotte de mailles reste la pièce d’armure phare de l’équipement d’un noble tannuvelien, souvent agrémentée d’un gambison et de quelques pièces en fer. Le tabard est aussi un élément très porté, afin de se distinguer des autres familles ; les plus riches des nobles sont en mesure de s’offrir des armures de plates complètes, bien que ce soit un luxe que peu puissent se permettre, surtout à la suite de la Lune Pourpre. Pour les soldats lambda, le gambison surmonté d’une broigne et d’épaulettes en cuir, parfois complété d’une capuche de mailles, reste l’élément le plus courant.


Épée bâtarde

Écu

Masse

Lance

🧑 Ethnie et style vestimentaire

🎯 Repères rapides pour ta fiche

💇
CheveuxSouvent châtains, mais très grande diversité d'origines.
👁️
YeuxSouvent marrons.
🧴
PeauPlutôt claire, mais très diverse.
📏
TailleEnviron 1m65 en moyenne.
🧥
VêtementsModestes, simples et colorés, sans ostentation.
📛
Prénoms & nomsLa liste complète se trouve un peu plus bas sur cette page. Les noms et prénoms sont inspirés des sonorités françaises.

🧑 Physique

De par son importance et sa localisation centrale, Tannuviel est une terre pleine de diversité. Si le portrait type d’un habitant tannuvelien est un individu à la peau plutôt claire, aux cheveux châtains et aux yeux marrons, les apparences sont diverses et variées, une bonne partie de la population ayant des origines d’autres pays. La taille moyenne se situe autour d'1m65.

👕 Vêtements & symboles

La modestie est une valeur fondamentale dans la société tannuvelienne, et passe en partie par les vêtements. Si la bonne majorité des gens n’ont pas vraiment le choix quant à leur style vestimentaire, en raison de leurs faibles moyens, il est de coutume pour les riches comme les pauvres de s’habiller modestement : souvent vêtus de tenues simples mais assez colorées, les tannuveliens s’habillent bien sans tomber dans l’ostentation. N’étant certes pas extravagant, le style vestimentaire tannuvelien convient à sa population très religieuse ; et si la mode du royaume semble transcender les âges, les couturiers savent sans cesse se renouveler pour proposer de la nouveauté, en phase avec les traditions. La tendance s’articule d’ailleurs souvent autour de la couleur et des associations de ces dernières — certaines combinaisons deviennent donc à la mode, tandis que d’autres tombent en désuétude.

Exemple d’habitants tannuveliens

📛 Prénoms & noms

Exemples de prénoms masculins : Tannuvois, Clovis, Hildebert, Pépin, Clotaire, Hugues, Noah, Éli.

Exemples de prénoms féminins : Tannuvie, Eliette, Rose, Clothilde, Cunégonde, Aliénor, Jeanne, Héloïse, Amphie, Brunehilde.

Exemples de prénoms neutres : Ariel, Sacha, Camille, Anaël, Naom, Céleste, Eden.

Exemples de noms de famille : Dupuit, Meïr, Martel, Durand, Sathiel, Lévi, Alkalaï.

Inspirations réelles

Tannuviel a une inspiration linguistique inspirée d'un français médiéval.

🌳 La Cérémonie de passage à l’âge adulte

Les tannuveliens ne disposent pas à proprement parler d’une cérémonie de passage à l’âge adulte au même titre que les autres nations. Cependant, les jeunes tannuveliens et tannuveliennes sont, à l’âge de 6 ans et dans la majorité des seigneuries, appelés à servir l’Église et le clergé pendant un mois. Ces derniers vont les aider à donner la charité, s’occuper des pauvres, assister et aider à la préparation des messes, et se rendre utiles du mieux qu’iels peuvent — c’est en quelque sorte un service religieux. Bien qu’il ne soit sur le papier pas obligatoire, les parents sont souvent ceux et celles qui demandent et insistent pour envoyer leur enfant à l’église locale afin qu’il puisse y prendre part. Cette pratique rencontre un tel succès que dans les grandes villes, il n’y a parfois tout bonnement pas assez de places pour tous les enfants.

⛪ Le Rapport à la religion

Tannuviel étant considérée comme la base du monde entier, située au centre du continent, elle est la capitale culturelle d’Andellar. De ce fait, on retrouve beaucoup de sa culture ailleurs dans le monde ; la vie y est rythmée par la religion, les premières communautés vivantes s’étant réunies autour de cette idée du dieu unique. On apporte donc une très grande importance au culte émoune au sein de Tannuviel. Sa société peut aisément se comparer à une société médiévale basée sur la féodalité, chaque habitant respectant la hiérarchie du royaume, celle-ci ayant été dictée par l’Église. Ils font preuve d’une grande politesse, se vouvoyant parfois même entre amis, les insultes étant peu existantes car jugées grossières, et les règles de bienséance étant respectées à l’extrême.

Il est jugé inacceptable de remettre la hiérarchie établie en cause, ce qui fait que la politique du royaume est étonnamment et extrêmement stable : les conflits d’intérêts ne touchent généralement que les bourgeois, voire certains nobles voulant gratter le territoire de leurs congénères.

Afin d’empêcher le développement de vassaux trop puissants, le roi peut proclamer la « Paix dans le Royaume », qui interdit la guerre privée pour cinq ans. Nul n’imagine qu’elle soit vraiment respectée : son effet est ailleurs. Le seigneur qui la viole donne à tous les autres un motif d’intervenir contre lui, et c’est cette menace, plus que la proclamation, qui refroidit les querelles.

Déposséder un noble est bien plus difficile. La forfaiture — refus de l’ost, main portée sur la personne du suzerain, hommage rendu à son ennemi — se sanctionne par la commise du fief, mais celle-ci ne peut être prononcée par le roi seul : il lui faut la faire juger par la cour des pairs, c’est-à-dire par les autres vassaux du même suzerain, qui savent parfaitement qu’ils pourraient être les suivants. L’accusé conserve en outre le droit d’appeler son accusateur au champ clos, fût-ce le roi lui-même, qui devra descendre en personne ou envoyer son champion. Bien des commises tannuveliennes se sont arrêtées là.

L’excommunication du Parechann, elle, ne dépossède de rien — mais elle délie les vassaux d’un serment prêté devant Dieu, et c’est en pratique l’arme la plus redoutable du royaume.

Les tannuveliens forment un peuple uni, fiers de la puissance et de l’histoire de leur royaume, mais surtout d’être un modèle de piété comparé aux autres nations, se pensant ainsi plus « purs » que les autres. Ils sont assez peu tolérants des autres cultures ; la pudeur est commune à tous les tannuveliens, et la sexualité comme la nudité sont très tabous.

⚜️ La Féodalité Tannuvelienne

Tannuviel est un royaume féodal de degré 1: suzeraineté faible. Le roi convoque l’ost, préside la cour d’appel suprême, interdit la guerre privée en théorie.

🤝 De qui l’on tient

L’adage vaut ici en droit comme partout : l’homme de mon homme n’est pas mon homme. Le roi ne peut ni convoquer, ni taxer, ni juger le vassal de son vassal ; s’il veut l’appui d’un baron, il doit le demander au comte dont ce baron relève. Mais tout hommage prêté à Tannuviel comporte la réserve de fidélité — « sauf la foi que je dois au roi ». L’ordre royal n’oblige toujours pas un arrière-vassal ; il pèse. Le désobéir n’est pas félonie, mais cela se sait, cela se répète, et cela fournit à chacun un grief commode.

✝️ Les deux chaînes

La particularité du royaume est ailleurs. Le Parechann n’est pas seulement le vicaire de Parédor : il est un seigneur temporel, qui tient des terres en propre, y rend la justice, y perçoit les banalités et reçoit l’hommage de ses propres vassaux. Il existe donc à Tannuviel deux chaînes vassaliques entrelacées, et un évêque peut fort bien tenir un fief du roi tout en relevant du Parechann pour son état.

De là les querelles les plus vives du royaume : qui investit l’évêque de sa terre ? Un prélat doit-il l’ost ? Peut-on juger en cour des pairs un abbé qui a forfait ? Chaque règne trouve son arrangement, aucun ne dure. Et l’excommunication, qui ne dépossède de rien, délie les vassaux d’un serment prêté devant Dieu — c’est en pratique l’arme la plus redoutable du royaume.

🔨 La justice

Une terre sans justice n’est qu’un champ ; une terre avec justice est une seigneurie. Le droit de juger se divise en trois degrés qui ne vont pas nécessairement ensemble : la basse justice (litiges entre habitants, bornage, petits délits), la moyenne (vols, coups, injures graves, bannissement) et la haute, celle du sang, qui comprend le droit de gibet. Un baron qui n’a que les deux premières renvoie les affaires de sang à son suzerain.

L’appel remonte la chaîne d’hommage, non l’échelle des rangs : on n’appelle pas d’un baron à un duc parce que le duc est plus grand, mais au suzerain immédiat, quel que soit son titre. Au degré 1, la cour du roi est le sommet de cette chaîne — encore faut-il avoir épuisé tous les degrés inférieurs.

⚔️ Le champ clos

Là où la preuve manque, on s’en remet à Dieu. Le duel judiciaire n’est pas une coutume du royaume mais un rite de l’Église : ce sont ses reliques que l’on jure, ses prêtres qui bénissent les armes. Aucun roi ne peut l’abolir, et Tannuviel moins que tout autre.

Le duel demandé par un noble ne se refuse pas ; celui demandé par un roturier à un noble se refuse sans déshonneur. Le royaume connaît toutefois une singularité : l’art martial n’y étant enseigné qu’aux nobles et aux combattants de métier, presque tout roturier appelé au champ peut réclamer un champion. Le métier y est plus florissant qu’ailleurs, lucratif et méprisé — on accueille le champion à la table des serviteurs, et les grandes maisons se les débauchent la veille d’une cause.

⚖️ L’assemblée

Les grands du royaume se réunissent en assemblée, où siègent tous ceux qui tiennent une terre de quelque importance, quel que soit leur suzerain. On n’y pèse pas ce que l’on est mais ce que l’on tient : le poids d’un seigneur se mesure à la prisée de son domaine propre, c’est-à-dire au service qu’il doit à l’ost. Qui doit dix lances parle pour dix lances. Les plus petits envoient un procureur portant leur poids cumulé.

Elle admet les nouveaux venus et vérifie les hommages, consent aux aides hors des quatre cas coutumiers, juge la commise des grands vassaux, et enregistre les ordonnances royales — au besoin sous réserve, ce qui les rend inapplicables sur les terres des opposants. Car un roi d’Andellar ne fait pas la loi : il déclare la coutume. On ne conteste donc jamais une ordonnance en disant qu’on la refuse, mais en disant : « Sire, ce n’est pas la coutume. »

🏙️ Les brèches

Deux choses échappent à la pyramide. Les alleux, terres possédées en pleine propriété par des roturiers, qui ne doivent ni hommage, ni ost, ni relief — mais dont le possesseur demeure justiciable du seigneur qui l’enserre, et reste le seul propriétaire terrien que la couronne puisse taxer. Et les villes à franchise, qui ont arraché une charte à leur seigneur, élisent leurs échevins, rendent leur basse justice et lèvent leur milice. Les seigneurs des environs guettent sans relâche l’occasion de refermer l’une comme l’autre.

🗺️ L’Environnement de Tannuviel

🏔️ Paysages

Tannuviel étant établie au centre même du continent, elle profite d'un climat tempéré très agréable à vivre. Le royaume est recouvert de forêts (principalement du sapin au nord, et des chênes vers le sud), de vastes plaines, ainsi que de petits bois.

Beaucoup de rivières étroites sont présentes sur le territoire de Tannuviel ; la terre y est facilement irriguée et cultivable.

En plus d’être considérée comme la terre sainte, elle est vue par beaucoup comme là où était établi le jardin de la création — une terre parfaite que Dieu aurait spécialement confectionnée pour accueillir les hommes.

🦌 Faune

La faune de Tannuviel est elle aussi assez développée. Nous ne sommes pas là dans les extrêmes : il n’y a pas d’animaux particulièrement dangereux, bien qu’on puisse croiser des ours parfois en s’enfonçant dans les profondeurs des forêts — généralement, on y trouve plutôt des biches, vaches, moutons, chèvres, lièvres, une faune terrestre basique. Les chasseurs et éleveurs ont de quoi faire. Il y a aussi des oiseaux divers ; bien que l’hiver, beaucoup d’entre eux migrent vers le sud, les autres saisons on peut y trouver toute sorte de volatiles.

🏛️ La Société Tannuvelienne

La société de Tannuviel est hiérarchisée de façon claire et stricte. Elle est d’une façon générale bloquée et stagnante, et n’est pas remise en question par le peuple, étant l’œuvre du représentant de Dieu sur terre et de son vicaire, le Parechann.

Le/La Parechann

Il n’est pas en théorie l’homme le plus puissant du royaume mais l’est en pratique. Il est en effet celui qui désigne le roi et peut frapper d’excommunication n’importe quel homme à tout moment, le tuant socialement. Le roi est prié de suivre ses conseils.

Le Parechann n’est pas seulement une autorité spirituelle: il est un seigneur temporel. Il tient des terres en propre, y rend la justice, y perçoit les banalités, et reçoit l’hommage de ses propres vassaux. Il existe donc à Tannuviel deux chaînes vassaliques qui s’entrelacent, et un évêque peut fort bien tenir un fief du roi tout en relevant du Parechann pour son état. De là naissent les querelles les plus vives du royaume : qui investit l’évêque de sa terre ? Un abbé peut-il être jugé en cour des pairs ? Un prélat doit-il l’ost ? Chaque règne trouve son arrangement, mais aucun ne dure.

Le Roi/La Reine

Désigné par le Parechann, il ne fait pas forcément partie de la famille du précédent roi, bien que cela soit le cas la grande majorité du temps. Il est garant de la sécurité du royaume, que celle-ci soit sociale, économique ou militaire. Il se doit d’être un fervent religieux et un exemple pour tous.

Le roi n’est pas le maître de son royaume : il en est le suzerain suprême, ce qui est tout autre chose. Il ne commande qu’à ceux qui lui ont juré foi.

Sa force est ailleurs, dans ce qu’il peut refuser : recevoir un hommage, ériger une terre en dignité, légitimer un bâtard, accorder une sauvegarde ou un sauf-conduit. Le vassal le plus rétif finit à sa cour, non parce qu’il lui obéit, mais parce qu’il a quelque chose à lui demander. À Tannuviel, tout hommage comporte en outre la réserve de fidélité — « sauf la foi que je dois au roi » : l’ordre royal n’oblige pas toujours un arrière-vassal, mais il pèse, il se sait, et il se répète.

La noblesse

La noblesse est l’état d’une maison entière, pas d’un homme seul.

Le titre, lui, naît de la terre : on est comte parce qu’on tient un comté, et le titre n’est que le nom du fief. Il se prend par l’hommage et l’investiture, se transmet à l’aîné sans distinction de sexe, et l’héritier doit renouveler l’hommage et payer le relief avant de rien tenir. Un seul membre porte donc le titre, mais toute la maison est noble. Le frère du duc, ses sœurs, ses oncles et ses cousins ne tiennent rien et ne doivent l’hommage à personne : ils n’en sont pas moins de noble lignée, avec l’exemption d’impôt, le droit de porter l’épée et l’accès au champ clos. Un cadet sans un arpent passe devant un bourgeois qui possède une ville.

La qualité se transmet par le sang : le bâtard n’en hérite pas, sauf légitimation royale — encore faut-il que le suzerain du fief accepte ensuite son hommage. Les cadets, eux, n’héritent rien : on les destine à l’Église, aux armes, au service d’un plus grand ou à un bon mariage. Et si la maison perd toutes ses terres, la lignée cesse en une génération ou deux d’être comptée parmi la noblesse : on la salue encore, on ne l’invite plus.

Ducs, comtes, marquis, barons et chevaliers ne forment qu’un ordre de préséance, bon pour les banquets. Il ne dit rien de l’obéissance : ce qui compte est de savoir de qui l’on tient.

Le clergé

C’est une classe à part dans la société. Ses membres sont tous respectés par la société, même par la noblesse. Ce sont des moines, des prêtres, etc. Ils font la liaison entre Dieu et le peuple. Le clergé est réuni en général sous l’appellation de « l’Église ». Cette société possède de nombreux territoires et biens et est très riche en général. Leur chef suprême est le Parechann, puis les cardinaux. En règle générale, les statuts les plus élevés sont réservés aux nobles ayant rejoint le clergé.</div>

Les alleutiers

Toute terre noble de Tannuviel relève de quelqu’un, mais certaines terres n’entrent pas dans la chaîne : les alleux, possédés en pleine propriété par des roturiers. L’alleutier ne doit ni hommage, ni ost, ni relief, et nul ne peut le déposséder pour félonie puisqu’il n’a juré foi à personne. Il demeure pourtant habitant d’une seigneurie : il relève de la justice du seigneur dont les terres enserrent son alleu, porte son grain à son moulin et paie ses péages. Libre comme propriétaire, sujet comme homme — et seul propriétaire terrien que la couronne puisse taxer, faute d’exemption nobiliaire.

La bourgeoisie

Le bourgeois est un roturier libre qui vit dans un bourg. Il n’a ni fief, ni ban, ni justice, mais il n’est pas un vilain : il va où il veut, épouse qui il veut et lègue ce qu’il a. Il relève du seigneur dont le bourg fait partie du domaine. A Tannuviel, bien souvent un évêque ou une abbaye. Il lui doit le cens sur sa maison, les péages, les banalités et le guet, mais ni corvée, ni formariage, ni mainmorte. Le serf qui séjourne trois ans et un jour dans un bourg sans être réclamé devient libre, et bourgeois s’il le demande.

Le bourgeois enrichi achète des rentes, des moulins, puis de la terre, devenant parfois alleutier, jamais seigneur. Deux routes seulement montent plus haut: offrir son alleu à un seigneur pour le reprendre en fief, ou organiser un mariage.

À Tannuviel, l’argent étant tabou, le bourgeois est souvent plus riche qu’il n’en a l’air : il bâtit des chapelles plutôt que des palais et fait graver son nom sur le vitrail qu’il a payé. C’est aussi de cette classe que sortent la plupart des gens d’Église: pour une famille de bourg, un fils évêque vaut mieux qu’un fils riche.

Les serfs

Ce statut désigne tous les roturiers n’ayant pas leur propre liberté. Ils appartiennent légalement à leur seigneur et lui paient un impôt. En contrepartie, celui-ci doit les loger, les faire travailler et maintenir des conditions de vie décentes. Les serfs n’ont pas le droit de quitter les terres de leur seigneur sans permission ou de se marier sans l’en informer. À leur mort, tout ce qui leur appartenait revient à leur seigneur, mais la grande majorité du temps, celui-ci laisse tout aux descendants du serf.

Les vilains

Les vilains sont les paysans qui ne sont pas serfs. Ils sont ainsi plus libres que les serfs. Il arrive qu’ils possèdent leurs propres terres cultivables. Leur richesse est pour la plupart inexistante.

⚔️ L’Armée

Il n’existe pas d’armée nationale à Tannuviel. Chaque seigneur entretient sa propre force, composée de cadets de noble lignée sans fief et de roturiers à sa solde, et mobilise une partie de ses sujets quand la guerre est déclarée.

Quand le roi, ou tout autre seigneur entre en guerre, il convoque l’ost. Il n’appelle que ses vassaux directs, qui viennent en personne avec le nombre d’hommes que la coutume attache à leur fief et amènent leurs propres vassaux, car eux seuls peuvent les convoquer. "L’homme de mon homme n’est pas mon homme".

Le service est borné: deux mois par an, aux frais du vassal. Passé ce terme, il rentre chez lui sans commettre de faute, et le seigneur qui veut le garder doit le solder comme un mercenaire. Comme la fenêtre utile court des semailles à la moisson, l’ost se lève généralement en Païs et se défait en Istès : un vassal convoqué tard n’accorde que ce qui reste avant que ses hommes ne doivent rentrer aux champs, et bien des campagnes se sont perdues faute d’avoir commencé à temps. Le seigneur qui ne peut fournir la totalité du service dû rachète le manquant par l’écuage, payé en monnaie. Ce qui peut apauvrir un peu plus les maisons déjà en peine à chaque guerre.

Refuser l’ost sans avoir défié son suzerain dans les formes est une forfaiture, et l’une des plus graves. Elle se sanctionne par la commise du fief — mais celle-ci ne peut être prononcée par le roi ou le seigneur seul : il lui faut la faire juger par la cour des pairs, et l’accusé conserve le droit d’appeler son accusateur au champ clos, fût-ce le roi lui-même.

Deux appels échappent à cette règle. Si le sol du royaume est foulé par un ennemi étranger, le roi peut proclamer l’arrière-ban et convoque directement quiconque est en état de porter les armes, sans qu’aucun suzerain puisse retenir ses gens ; savoir si les conditions en sont réunies est l’une des questions les plus explosives du royaume. Le Parechann, lui, lève son propre ost sur ses propres fiefs.

L’équipement est très inégal : les seigneurs les plus riches entretiennent une force régulière et bien équipée, les plus pauvres comptent sur ce qu’apportent leurs hommes. Les sujets mobilisés reçoivent rarement de quoi combattre. Au mieux une lance, une hache ou un arc selon leurs compétences ; au pire ils partent avec ce qu’ils ont : fourche, faux, marteau, voire un simple couteau de cuisine. Les seigneurs en guerre font aussi appel à des mercenaires, coûteux mais professionnels, venant le plus souvent de Treffisal ou de Nifadà.

💰 L’Économie

L’économie de Tannuviel est très diversifiée et prospère. Les secteurs les plus développés sont l’agriculture, de céréales en particulier, qui sont aussi exportées dans les pays voisins, ainsi que l’artisanat, avec une forte présence d’artisans de talent, que ce soit dans le domaine de la couture, de la forge, de la menuiserie, la verrerie, la papeterie ou le brassage de bière. Les vitraux de Tannuviel sont notamment réputés pour être les plus beaux au monde, de par leurs formes et leurs couleurs, et chaque église, même dans les plus petits villages, en possède. La bière est brassée par les moines des différents monastères jonchant le royaume — on retrouve une forte quantité de bières très différentes, blondes, brunes, blanches, rousses, et de qualités elles aussi très différentes, mais globalement meilleures que dans le reste du monde connu, si ce n’est pour celles de Myrilis avec qui elles entrent en compétition. Au sud du pays, bordé par une immense frontière de montagnes, les mines sont très présentes et prospères — principalement des mines d’or et de fer, mais certaines riches en gemmes en tout genre ainsi qu’en charbon.

L’économie est organisée en guildes dites corporatives, qui se réunissent entre membres d’une même profession. Elles permettent aux artisans de se protéger mutuellement et de se porter secours en cas de problèmes, disposent de règlements stricts et d’une hiérarchie bien établie avec, du bas au haut, les apprentis, les compagnons, les maîtres et un patron unique. Elles fixent les prix, les façons de fabriquer leurs produits et les conditions de travail ; les guildes sont omniprésentes sur le territoire du royaume, et il est très mal vu d’être indépendant en refusant d’en rejoindre une. La monnaie de Tannuviel est l’écu tannuvelien, appelé tout simplement le Tannuve dans la vie courante, composé de trois sortes de pièces : le Tannuve de fer, percé en son centre, une petite pièce assez fine d’une valeur faible servant dans la vie de tous les jours ; le Tannuve d’argent, entièrement fait d’argent, valant 20 Tannuve de fer, servant aux achats un peu plus importants comme les vêtements ou les meubles, sur le verso duquel est écrit « Dieu veille sur nous » ; et enfin le Tannuve d’or, malgré son nom fait d’un alliage de 90% d’or et de 10% de cuivre pour le rendre plus résistant, valant 50 Tannuves d’argent — le bas peuple n’en possède quasiment jamais, et il sert pour les achats importants tels que les maisons, les chevaux ou les bijoux.

Le Royaume de Tannuviel est prospère, et différents piliers empêchent le bas peuple de tomber dans la pauvreté sans être riche non plus. L’immense majorité des ruraux sont des serfs, au service d’un seigneur qui est garant de leur sécurité et de leurs bonnes conditions de vie : il est ainsi de son devoir de leur fournir un logement décent ainsi qu’un endroit où travailler, en contrepartie de quoi les serfs doivent lui donner une partie de leur production ou de leurs revenus. Dans les villes, les artisans peuvent compter sur les guildes pour les aider. Ceux qui ne travaillent pas sont considérés comme paresseux, et aucune aide au logement ou économique ne leur est donnée — les sans-abris sont parfois forcés de quitter les villes. Que cela soit à la campagne ou dans les villes, les habitants les plus démunis peuvent cependant compter sur la charité des membres du clergé : que ce soit dans les églises ou les monastères, des soupes populaires sont fréquemment organisées, gratuites et de composition très variable, étant un simple moyen de subsistance. La misère est donc un phénomène relativement rare.

🩺 La Santé

La santé est un problème récurrent dans le Royaume, surtout dans les campagnes. Les soignants et apothicaires sont rares en général et leurs services très chers ; ainsi, seuls les plus fortunés peuvent se payer des soins pour des problèmes qui ne sont pas une urgence vitale. Le peuple est toutefois en relative bonne santé.