Une terre florissante
Ces charmantes terres fertiles sont réputées pour la stabilité de leur économie prospère. Si elles sont appréciées par beaucoup, elles sont au contraire détestées des pésroquiens avec qui un conflit dure depuis longtemps.
Le royaume de Nédour contient des terres fertiles et agréables, allant de grandes plaines à des zones montagneuses en passant par de nombreuses forêts. Si elles semblent charmantes et paisibles, elles cachent tout de même une multitude de bêtes sauvages et dangereuses. Son économie est reconnue pour sa stabilité et sa prospérité ; ses artisans sont particulièrement admirés, et il en va de même pour ses archers, qui égalent presque ceux de Ligômyst.
Bien que l’apanage des richesses soit monnaie courante et qu’il en soit de même pour l’extravagance, la charité a une place très importante dans le royaume, et il est mal vu de ne pas donner aux plus démunis. Depuis des siècles, Nédour est en conflit ancestral avec son voisin, Pésroq : les habitants des deux royaumes ne peuvent s’apprécier, et les deux nations se sont fait la guerre à de multiples reprises sans jamais qu’il n’y ait de réel vainqueur.

Nédour est un riche royaume du centre d’Andellar où forêts, montagnes ainsi que lacs abondent. Le royaume est très connu pour son économie particulièrement prospère et diversifiée, ainsi que ses rivalités intemporelles avec le royaume de Pésroq — entre rivalités politiques et économiques, ayant dégénéré régulièrement en petits conflits, voire en guerres générales, les derniers siècles d’histoire de Nédour sont particulièrement liés à ceux de Pésroq.
Il faut remonter vers les années 4500 pour retrouver l’origine de ce conflit dynastique qui perdure encore aujourd’hui. En 4512, le Roi Henri II de Nédour, dit « le vénérable », mourut père de deux fils et d’une fille. Une succession de tragédies royales mena très vite à une crise dynastique : le premier fils, le roi Henri III, mourut sans descendance et fut très vite suivi par son frère, Baptiste IV, qui perdit la vie lors d’un terrible incendie au sein d’une église.
La couronne revint donc de plein droit au dernier enfant, la princesse Catherine. Mais celle-ci avait été mariée patrilinéairement au prince Édouard de Pésroq, héritier du trône voisin, dans l’espoir d’apaiser les tensions entre les deux royaumes : elle était entrée dans la maison de son époux, et leurs enfants en seraient. Le mariage qui devait faire la paix allait livrer Nédour à Pésroq par voie d’héritage.
Édouard, roi puissant et intelligent mais tyrannique, se proclama roi de Pésroq et de Nédour sans avoir sollicité l’hommage d’un seul de ses nouveaux vassaux. Les ducs de Nédour demandèrent au Parechann l’annulation du mariage, allant jusqu’à proposer d’importantes sommes ; le Parechann Clément VI refusa toutes les propositions. Les hauts-nobles se réunirent alors, tinrent la couronne pour vacante et portèrent au trône un cousin de Catherine sous le nom de Philippe II. Face à cette décision, Pésroq déclara la guerre pour déposer l’usurpateur.
La guerre se termina sans chute du roi — néanmoins, le duc de Pied-de-Roche, dont les terres avaient été occupées trois ans durant, porta son hommage à Édouard plutôt que de tout perdre. Le duché est pésroquien depuis, et Nédour n’a jamais reconnu ce transfert d’hommage.
Depuis cette première guerre, les deux royaumes restèrent en conflit constant, alternant entre périodes de guerre et de paix : tout adulte mûr a déjà connu une guerre entre Nédour et Pésroq, si ce n’est plus, les durées de ces dernières pouvant varier. Actuellement, une paix dure depuis vingt ans entre les deux royaumes, même s’il est monnaie courante que de petits seigneurs de Nédour tentent de modestes incursions chez le voisin, dans des buts de pillage. Pésroq ne rend jamais la pareille de cette manière : nul seigneur pésroquien n’oserait lever ses gens sans ordre, et le roi, lui, ne franchit la frontière qu’en déclarant la guerre. Cette différence dit tout des deux royaumes, et les nédourois y voient volontiers la preuve que leur ennemi n’est plus qu’un troupeau bien dressé.
Le peuple de Nédour, uni dans les victoires et les défaites, attend avec impatience la fin de ce conflit et la victoire de leur nation. On ne pourrait conclure l’histoire de Nédour sans parler de la scission que le royaume a subie dans les années 4520 : après une longue réflexion, le souverain de l’époque décida de se défaire des terres les moins fertiles situées à son sud. L’opération fut moins simple qu’on ne le raconte : il fallut délier de leur hommage les seigneurs du sud, les indemniser pour la plupart, en dépouiller quelques-uns, et supporter les cris de ceux dont les fiefs se trouvaient coupés en deux par la nouvelle frontière. C’est ainsi que naquit l’actuelle Birolia. Birolia.
Comme pour le reste d’Andellar, les quinze années de la Lune Pourpre furent très rudes pour le royaume de Nédour. Malgré son peuple habitué aux temps de guerre et son économie perpétuellement florissante, le pays perdit beaucoup de ses habitants durant le phénomène. Partiellement ravagées pendant ces terribles hivers, les terres si fertiles et charmantes de Nédour devinrent encore plus dangereuses qu’elles ne l’étaient déjà, les forêts abritant des créatures encore pires que ce que les nédourois craignaient habituellement.
Malgré la dureté de cette période sombre, l’économie du royaume réussit tout de même à rester stable, bien que moins prospère : l’extravagance de ses habitants les plus fortunés se perdit légèrement, les vêtements de deuil étant plus souvent portés que ceux de fête. Si le conflit n’éclata pas avec Pésroq pendant la Lune Pourpre, une nouvelle guerre eut lieu une dizaine d’années plus tard. Aujourd’hui, Nédour se remet du phénomène comme le reste d’Andellar et tente de retrouver entièrement son éclat d’antan.
La richesse et la prospérité du royaume de Nédour ont façonné la culture de ces terres. Tempérance et modération sont rares dans ce pays où la démesure et l’excès sont appréciés, au grand désespoir du clergé — l’apanage des richesses n’y est pas mal vu, au point que certains exagèrent toujours plus en essayant de montrer qu’ils sont plus riches qu’ils ne le sont vraiment. Néanmoins, une grande réussite du clergé de Nédour est la forte instauration dans les esprits du concept de la charité : il est vu comme particulièrement odieux pour une personne riche, qu’elle soit noble, bourgeoise ou clerc, de ne jamais donner aux pauvres ou à une institution les aidant. L’avarice y est vue comme un péché intolérable, et certains clercs n’hésitent pas à ouvertement appuyer sur ce point, même s’ils reçoivent ensuite un flot de critiques de la part de certains membres de l’élite — pour eux, la foi doit participer à l’unité et l’ordre de la nation, et la critique publique des travers des hautes classes y est vue comme facteur de division.
La dangerosité des groupes de loups et des ours solitaires dans les terres de Nédour a forgé le caractère des voyageurs et des habitants au contact de la nature : les habitants de Nédour ont ainsi tendance à être particulièrement prudents quand ils entrent dans des endroits sauvages. Les nédourois ont acquis, de par leur passé, un début de nationalisme et de haine envers les habitants de Pésroq. S’inspirant du modèle de leur ennemi, il leur est demandé d’envoyer au moins un des enfants de leur famille servir au sein de l’armée du seigneur en place : les plus riches servent comme cavalier ou comme fantassin lourd, tandis que les plus démunis servent comme fantassin léger avec ce qu’ils peuvent se payer, ou comme archer grâce à un arc long qu’ils utilisent pour la chasse ou la guerre.
Si le peuple de Nédour ne contient pas autant de combattants que son terrible voisin, l’art du combat est quand même massivement enseigné, tout particulièrement aux nobles du royaume. Les nédourois sont connus pour leur maîtrise de l’arc long, qui rivalise presque avec celle des ligômestiens. L’épée et la lance sont aussi des armes très répandues dans le pays.



L’élément phare de la cuisine nédouroise est le miel. Réputé pour son goût raffiné et sa qualité, le miel nédourois, un miel aromatisé aux fleurs ou au pin, est très apprécié dans tout le continent ; il est donc présent dans les entrées, les plats et les desserts, de la salade chèvre-miel aux crêpes en passant par le poulet au miel, les cuisiniers nédourois adorant en mettre partout. En suivant cette même logique, l’hydromel est lui aussi massivement consommé dans la région.
Les fêtes et banquets sont particulièrement appréciés dans ce royaume où il est important de montrer sa fortune : les nobles aiment ainsi organiser des repas fastueux et raffinés. Néanmoins, la charité restant essentielle dans les mœurs du royaume, les soupes populaires sont elles aussi fréquentes.
Les visages nédourois sont assez variés, abordant des formes diverses et des carnations allant du clair au basané. Il en est de même pour leurs chevelures, souvent brunes, châtains et rousses, qu’elles soient lisses, ondulées ou bouclées. Les yeux verts sont très répandus, même si ceux marrons restent aussi fréquents. Les hommes comme les femmes apprécient les coiffures complexes, synonymes d’un mode de vie confortable ; les plus démunis se contentent cependant de coupes mi-longues, souvent attachées. La moyenne de taille se situe autour des 1m65, les nobles étant souvent plus grands que les roturiers.
Comme mentionné précédemment, les nédourois valorisent l’extravagance, ce qui impacte forcément leur style vestimentaire. Les couleurs et les motifs détaillés sont appréciés : il est très important pour toute personne ayant les moyens de toujours se montrer bien habillée en bonne société. Cela ne s’applique évidemment pas aux classes sociales plus basses, qui tentent néanmoins de toujours se vêtir correctement.

Exemple d’habitants nédourois
Inspirations réelles
La cérémonie de passage à l’âge adulte nédouroise est majoritairement réservée aux nobles et aux bourgeois fortunés. Il est question d’organiser un bal, ou une fête, pour célébrer les 8 ans d’une personne. Pendant ce bal, le jeune qui atteint prochainement la majorité doit s’habiller en blanc, et on lui offre des présents. Cela peut sembler similaire à une simple fête d’anniversaire, mais c’est bien plus luxueux, et pour les nobles c’est considéré comme l’entrée en société.
Le royaume de Nédour est, comme de nombreux royaumes d’Andellar, de civilisation proche de celle de Tannuviel et de foi émoune. Néanmoins, contrairement à ses voisins de Tannuviel et d’Aldatia, Nédour n’est pas une nation extrémiste sur le plan religieux : la foi y a une grande importance dans la vie de tous les jours, mais le pouvoir du clergé est très faible, seul le pouvoir féodal et communal comptant. À cause de cela, il est très mal vu par les élites qu’un homme de foi prenne position en politique, les moins pieux exagérant même au point de considérer qu’un clerc ne devrait jamais critiquer religieusement un homme de pouvoir en public — même si cette part ne se trouve que chez une poignée d’hommes et de femmes des hautes classes bourgeoises et nobles.
Malgré tout, de nombreux saints locaux sont respectés et vénérés dans les différentes régions du royaume, chacun étant associé à des traditions et à des histoires propres aux communautés de Nédour.
L’homme a néanmoins énormément modifié l’aspect de la région, l’économie prospère ayant entraîné l’apparition de nombreuses mines, carrières, scieries, villages et évidemment, villes. Les lieux urbains ont tendance à être assez somptueux, et il existe quelques cathédrales et grands bâtiments mémorables. Cela n’empêche néanmoins pas d’avoir des lieux où la misère règne, même s’ils ont tendance à être plus rares que dans d’autres nations.
La faune est extrêmement similaire à celle de Tannuviel, à l’exception du nombre d’animaux dangereux : contrairement au royaume saint, les forêts de Nédour abondent de loups et d’ours qui rendent parfois les petits chemins très dangereux pour des personnes peu nombreuses. La chasse y est d’ailleurs un peu moins pratiquée que dans d’autres régions du monde, à cause des risques non négligeables.
Les règles générales — hommage, fief, ost, justice, commise, champ clos — sont décrites sur la page La Féodalité. On ne trouvera ici que ce qui est propre au royaume.
Degré |
0 — suzeraineté nominale. Le pouvoir appartient aux ducs. La couronne ne tient que par le prestige et par l’or qu’elle emprunte pour payer des mercenaires. |
Titres |
Ducs, comtes, marquis, barons, chevaliers. Est marquis le comte dont le comté touche une frontière étrangère : c’est une charge de garde, non un rang supérieur. Chaque duc érige librement dans ses terres. |
Assemblée |
Les États de Nédour. Ils consentent aux aides, jugent la commise des grands vassaux, et se sont arrogés en 4512 le droit de faire un roi. |
Justice |
Conforme à l’usage d’Andellar. La haute justice est largement répandue chez les ducs, qui la font savoir. |
Un roi d’Andellar vit de son domaine. Celui de Nédour vit de ses créanciers.
Ne pouvant lever d’hommes que sur ses propres terres, et ses ducs répondant à l’ost quand cela les arrange, la couronne achète ce qu’elle ne peut obtenir : des compagnies treffisiennes, payées à prix d’or, qui ont sauvé le royaume plusieurs fois et le pillent chaque fois. Les grandes maisons bourgeoises de Nédour prêtent à leur roi, et savent parfaitement ce que cela leur donne.
C’est là que se mesure toute la faiblesse du degré 0 : un roi n’a pas d’armée, il a une dette.
À la mort de ses deux frères, la couronne revenait à Catherine, et nul n’en disputa jamais : la coutume est formelle, le fief va tout entier à l’aîné des enfants, sans distinction de sexe. Le problème n’était pas la reine. C’était son mariage.
Catherine avait épousé Édouard de Pésroq patrilinéairement : elle était entrée dans sa maison, et leurs enfants naîtraient de Pésroq. Nédour ne serait pas gouverné par une reine nédouroise — il tomberait, à la génération suivante et sans qu’un seul homme prenne les armes, dans la maison qui lui faisait la guerre depuis toujours. C’est pourquoi les ducs demandèrent au Parechann d’annuler le mariage, et non de démarier la couronne de son héritière. Clément VI refusa.
Il restait à Édouard une porte étroite : venir à Nédour, recevoir l’hommage des ducs, et régner du chef de sa femme. Il se proclama roi des deux royaumes sans avoir vu un seul d’entre eux. Ce fut son erreur, et les ducs s’y engouffrèrent — nul n’est le seigneur d’hommes qui ne sont pas devenus ses hommes. Ils se réunirent, tinrent la couronne pour vacante et firent roi Philippe II, cousin de Catherine et resté, lui, de la maison de Nédour.
La couronne est tenue par la maison de Philippe II depuis 4512, et se transmet par primogéniture absolue, sans distinction de sexe. Depuis la crise, cependant, nul enfant de la maison royale ne se marie plus sans que le contrat ne stipule la lignée : les héritiers se marient matrilinéairement, ou ne se marient pas hors du royaume. Les États y veillent, et une clause mal rédigée ferait plus de bruit qu’une bataille perdue.
Est noble qui tient un fief : le titre naît de la terre, se prend par l’hommage et l’investiture, et se transmet à l’aîné sans distinction de sexe, à charge de renouveler l’hommage et d’acquitter le relief. Toute la maison est noble, mais un seul en porte le titre — le frère du duc ne tient rien et n’en est pas moins de noble lignée.
Les familles nobles sont les plus puissantes du royaume : elles ne paient pas d’impôt, tiennent leur propre justice et entretiennent leurs propres forces. Elles ne travaillent pas à proprement parler, étant gérantes de leurs terres, militaires, ou plus rarement lettrées.
Ducs, comtes, marquis, barons et chevaliers ne forment qu’un ordre de préséance : ce qui compte est de savoir de qui l’on tient. Les ducs sont ici particulièrement puissants — ce sont eux qui dirigent en grande partie le pays, tiennent de larges terres et sont très fortunés.
Une maison peut être dépouillée de son fief pour forfaiture, mais jamais au caprice de son suzerain : la commise se juge en cour des pairs, et pour un duc, devant les États de Nédour.
Moines, prêtres, évêques et abbés de l’Église Émoune. Ils ne paient pas d’impôts et sont respectés de la population, organisant soupes populaires, écoles et soins pour les plus pauvres.
Il est en revanche très mal vu qu’ils prennent part à la politique locale : à Nédour, le pouvoir féodal et communal ne partage rien avec la crosse.
Roturiers libres vivant en ville, dont le niveau de vie va de la grande fortune à la misère. Ils paient à leur bourg un impôt fixe ou variable selon les coutumes locales, et n’ont ni droits ni devoirs particuliers au-delà.
Ils sont ici plus puissants qu’ailleurs. Ce sont les grandes maisons marchandes qui prêtent à la couronne, financent ses mercenaires et achètent les terres des seigneurs endettés — devenant alleutiers, jamais seigneurs, le sol se vendant mais non le ban. Dans certains bourgs, ils participent à la vie politique ; l’anoblissement, lui, reste rare et suppose une terre à ériger en fief.
Un serf resté trois ans et un jour dans un bourg sans être réclamé obtient, s’il le demande, sa liberté et ce statut.
Habitants des villages, ils appartiennent à leur seigneur et lui doivent une redevance régulière. Ils n’ont d’autre droit que celui d’être protégés, logés et employés, et ne peuvent quitter leur terre ni se marier sans l’accord de leur seigneur.
Hommes et femmes non nobles servant dans l’armée ou la milice d’un seigneur. Leur équipement est très varié, mais la plupart sont archers ou fantassins légers.
Ils bénéficient d’un statut à part : libres comme les bourgeois, ils paient un impôt spécial appelé le Gendron, prélevé par le seigneur qui les solde, et disposent d’un logement attribué s’ils sont mariés, d’une caserne sinon. Leur réputation est excellente, car ils sont l’épée et le bouclier qui protègent le peuple.
Nédour ayant un système politique de type féodal, sa structure militaire ne déroge pas à cette règle : la sécurité est gérée très localement, à partir de milices et de gardes aux compétences, équipements et comportements extrêmement hétéroclites, toutes soumises à leur autorité seigneuriale ou communale. Toutefois, Nédour compte beaucoup sur ses compagnies d’archers, équipés légèrement mais possédant des arcs longs extrêmement efficaces à la fois au niveau de leur puissance et de leur portée — recrutés dès le plus jeune âge et s’entraînant constamment, ils sont si redoutables qu’ils représentent parfois presque la moitié d’une armée.
Sur le plan militaire, le roi peut convoquer l’ost, ce qu’il a fait à de nombreuses reprises contre Pésroq. Il n’appelle toutefois que ses vassaux directs, qui amènent les leurs : un baron qui tient d’un comte ne lui doit rien, et un duc qui traîne des pieds n’a de comptes à rendre à personne. Le service est en outre borné à deux mois par an, et les campagnes se défont d’elles-mêmes à la moisson.
C’est pourquoi le royaume paie. Les troupes de Nédour étant moins nombreuses et moins aguerries que celles de Pésroq, la couronne emprunte pour engager des mercenaires étrangers, principalement treffisiens. Ils sont détestés de la population, qu’ils pillent et rançonnent presque sans limite — et ils ont pourtant sorti Nédour d’une mauvaise passe plus d’une fois.
L’économie de Nédour est connue comme étant l’une des plus prospères du continent, tout en restant très diversifiée. Les métaux et les pierres des montagnes de Nédour sont de qualité, les bois très grands, les forêts et les étendues d’eau pleines de vie. Nédour est notamment connu pour ses menuisiers et charpentiers aux compétences à la fois variées et d’excellence, réputés les meilleurs au monde. Cette importante production arrive aussi à être exportée vers d’autres nations grâce à des voies fluviales, ce qui compense le fait que Nédour reste un Royaume coupé de l’océan Téhomaofel.
Le seul véritable point de faiblesse de Nédour concerne l’agriculture : les nombreux plateaux de la région rendent l’agriculture compliquée, les terrains étant souvent escarpés. De grands champs sont néanmoins plus courants au sud du pays, plus plat, mais ils ne sont pas des plus productifs — l’aridité des terres de Birolia ne s’étant pas tout à fait arrêtée à la frontière. Ainsi, Nédour doit avoir recours à l’importation de nourriture, notamment d’Aldatia ou de Treffisal, et certains marchands peu scrupuleux n’hésitent pas à profiter de cette situation en augmentant artificiellement les prix, au risque de causer des famines.
La monnaie royale de Nédour se nomme le Nédélia. Trois ducs battent la leur, et l’on trouve dans les foires du royaume autant de pièces ducales que de royales — mais c’est le Nédélia que l’on demande pour les grosses affaires, et c’est en Nédélia que les maisons marchandes tiennent leurs comptes. La couronne a perdu le monopole, elle a gardé l’étalon.
La société de Nédour, comme toutes les sociétés d’Andellar, a son lot de pauvreté, bien qu’elle soit bien moins importante que dans beaucoup d’autres nations : il ne manque jamais de travail à Nédour, et il est tout à fait possible d’y vivre correctement, même en partant de peu. Néanmoins, une grande source de pauvreté vient de la concurrence farouche entre bourgeois, qui met souvent en péril les petits commerces indépendants ou les producteurs isolés — il est ainsi souvent nécessaire d’acheter la protection d’une grande famille bourgeoise, mais cette protection nécessaire et coûteuse rend difficile l’accession vers les sphères bourgeoises. Un nombre assez important de nédourois restent ainsi bloqués à un stade intermédiaire, plus riches et plus libres que les serfs mais bien éloignés du faste de la bourgeoisie, même s’ils aiment s’en prétendre. La culture de la charité, très présente à Nédour, a au moins permis de diminuer drastiquement le nombre de sans-abris — l’Église et l’élite de Nédour se vantent même d’avoir totalement éradiqué le phénomène des « gamins des rues », mais ceci n’est, pour l’instant, qu’un mirage : même s’ils sont moins nombreux que dans d’autres nations, toute visite d’un bas-quartier d’une ville prouvera qu’ils n’ont jamais disparu.
La santé n’est pas vraiment un problème pour les nédourois. La plupart ont accès aux soins de médecins, d’herboristes ou d’apothicaires sans trop de difficulté, à part dans les campagnes les plus reculées. Les plus pauvres peuvent compter sur l’aide d’un monastère local ou une aide financière de l’Église pour recevoir des soins basiques.