Un royaume pieux et chaste
Fortement guidée par la religion, cette nation excelle dans la sobriété. Malgré les conflits passés, c’est aujourd’hui la plus grande alliée d’Aldatia.
Reconnue comme étant l’une des trois nations émounes les plus pieuses du continent, Myrilis est toujours restée assez distante. Le courant éclairiste y est maintenant largement répandu. Cette nation a longtemps été en conflit avec Aldatia et Tannuviel, cependant les relations se sont améliorées avec la première au fil des années : les deux royaumes sont même aujourd’hui alliés dans le but de contrer la puissance tannuvelienne.
Ces terres verdoyantes et agréables, contenant peu de reliefs, sont le berceau d’une culture très chaste et stricte, appréciative de la musique et des arts.

Autrefois, Myrilis était un territoire morcelé, composé de duchés et de principautés indépendantes qui se faisaient la guerre de manière continuelle. Cette situation d’anarchie totale avait plongé ces terres dans le chaos et l’instabilité. L’unification de Myrilis a commencé à prendre forme avec l’arrivée massive de l’émouna, une doctrine religieuse imposée aux populations par Tannuviel et Aldatia, qui avaient dominé le territoire pendant environ deux cents années afin de mettre fin à l’anarchie ambiante et d’imposer les enseignements émounes dans cette région considérée comme hérétique. Cette doctrine, prônant la foi en une divinité unique ainsi que l’adhésion à des principes moraux et spirituels stricts, enseigne aussi l’importance de l’unité et de la coopération entre les nations émounes ; son introduction à Myrilis a donc joué un rôle essentiel dans l’unification du territoire et l’établissement d’une stabilité politique.
Sous l’influence de l’émouna, Myrilis a peu à peu mis fin à ses guerres internes et a commencé à se rassembler en une entité plus cohérente, les principautés et les duchés acceptant progressivement de se soumettre à une autorité centrale pour instaurer l’harmonie et l’ordre dans la région. La religion a également joué un rôle crucial dans l’adoption de valeurs communes et l’émergence d’une identité nationale : les enseignements du Pape Charles Europe IV, figure majeure de l’émouna, ont servi de guide spirituel et moral pour ce pays en développement. Au fil du temps, l’émouna est devenue profondément enracinée dans la société de Myrilis, façonnant sa culture, ses institutions et ses valeurs — aujourd’hui, Myrilis est considérée comme la troisième nation la plus respectueuse des enseignements émounes.
L’alliance étroite entre Myrilis et Aldatia s’est développée au fur et à mesure que leurs relations s’amélioraient. Cette alliance stratégique vise principalement à faire face à Tannuviel, perçue comme une menace commune par les deux nations : en unissant leurs forces, elles cherchent à établir une balance de pouvoir pour préserver leur indépendance et protéger leurs intérêts communs. Ainsi, l’unification de Myrilis grâce à l’émouna et l’alliance avec Aldatia ont joué un rôle essentiel dans la transformation du royaume, passant d’un territoire fragmenté et en proie à l’anarchie à une nation plus stable.
Myrilis a toujours été considérée comme la plus distante des trois nations profondément pieuses. Au fil des siècles, elle a été en guerre avec Aldatia et en forte opposition avec la politique de Tannuviel. L’une des périodes les plus marquantes de cette rivalité remonte au 4 Céfône 3858, pendant les guerres Emounataronophyritibalanistiriques : Myrilis cherchait alors à étendre ses terres cultivables vers le Sud et envahit le duché aldatien de Venetia-Giulia. Cette agression conduisit à une coalition entre Aldatia et Tannuviel, qui infligea une défaite écrasante à Myrilis, mettant ainsi un terme à son expansion territoriale et renforçant la supériorité de Tannuviel.
Après cette guerre, les relations entre les trois nations sont devenues assez compliquées, mais elles se sont tout de même pacifiées : Myrilis, en raison de sa défaite et de l’écrasante puissance de Tannuviel, n’était plus en mesure de s’opposer directement à cette nation, même si les tensions persistaient malgré une certaine détente. Le marquisat de Rotunberg, situé au sein de Myrilis, a été l’une des régions les plus durement touchées par ces guerres, servant de théâtre à de nombreux affrontements entre les trois nations et laissant des cicatrices profondes sur ce territoire et ses habitants. Malgré ces conflits passés, il est important de noter que les relations entre les trois royaumes ont évolué au fil du temps, avec des périodes de paix relative, de coopération et d’échanges diplomatiques — bien que l’histoire tumultueuse entre Myrilis, Aldatia et Tannuviel ait forgé une dynamique complexe et souvent tendue.
Les conséquences de la Lune Pourpre sur Myrilis furent, comme pour le reste d’Andellar, dévastatrices. Durant cette quinzaine d’années, la population myrilisienne a diminué de moitié et de très nombreuses villes ont été ravagées, en plus des campagnes. Pendant le phénomène, et devant l’abandon total de la nation par Tannuviel, une entraide mutuelle avec Aldatia s’est créée, et comme sa consœur, Myrilis a vu un très grand développement de l’Éclairisme au sein de son territoire — fruit du hasard ou preuve divine, plus la population adoptait la foi éclairiste, plus le mal reculait.
Après la fin de la Lune Pourpre, l’entraide entre les deux nations s’est amplifiée et chacune a apporté à l’autre ce qui lui manquait, solidifiant leur solidarité. Cela aboutit à la création de la Ligue du Bien Public et des accords du Lac de Cristal avec Tannuviel. Mais contrairement à sa consœur, Myrilis n’a pas connu de changement drastique dans sa politique, et la Fédération resta un état assez décentralisé. Les zones annexées par Tannuviel connurent une immense vague d’immigration vers les territoires aldatiens ou myrilisiens, et la flotte et les armées du royaume aidèrent à contrer la Révolution Treffisienne. Aujourd’hui, les deux nations alliées, n’ayant plus de frontière commune, ont vu un important développement de leur trafic maritime — les territoires annexés par Tannuviel restant libres de passage pour Aldatia et Myrilis, sauf pour un usage militaire, où l’accord de Tannuviel est nécessaire.
La culture myrilisienne est influencée par la religion émoune, tout comme Aldatia et Tannuviel — même si le respect du calendrier religieux y est moins important que dans les deux autres nations. Les habitants portent des vêtements qui dissimulent le corps, à l’exception de la tête ; la sexualité est rarement évoquée et est liée uniquement au mariage et à la reproduction, la chasteté étant valorisée. L’argent, quant à lui, est considéré comme un sujet tabou : il est préférable de l’utiliser pour les besoins essentiels plutôt que pour des biens futiles, et ne doit être gagné que de manière honorable. Les dons à l’Église sont fortement encouragés, se vanter de sa richesse est mal vu, et la charité est valorisée.
Les loisirs sont limités à Myrilis. Le jeu de Paume (ancêtre du Tennis) est populaire, tout comme la soule (provenant de Tannuviel). La chasse et les échecs sont des activités appréciées par la noblesse, ces derniers provenant principalement de Tannuviel. La violence nobiliaire s’exprime à travers la joute, encouragée par le pouvoir royal comme moyen de canaliser les tensions entre aristocrates. Les jeux d’argent et de hasard, eux, sont strictement interdits à tous les niveaux de la société.
Les myrilisiens accordent une grande valeur à la poésie et à la littérature orale : les récits épiques et les légendes occupent une place importante dans leur culture, transmis de génération en génération. La musique et la danse occupent également une place centrale dans leur vie ; ils apprécient les instruments traditionnels tels que les cornemuses, les flûtes et les tambours, et la danse folklorique, caractérisée par des mouvements énergiques et synchronisés, est un élément essentiel de leurs célébrations. L’artisanat est aussi une compétence valorisée : ils sont réputés pour leur savoir-faire dans la fabrication d’objets en bois sculpté, de tissus tissés, de bijoux en métal et de poteries, des métiers traditionnels transmis de génération en génération qui jouent un rôle essentiel dans l’économie locale.
Les myrilisiens célèbrent plusieurs festivités et fêtes religieuses tout au long de l’année, où rituels religieux, processions, danses et banquets sont organisés pour célébrer et honorer leurs croyances. La société de Myrilis est fortement ancrée dans la communauté et la famille : la solidarité et l’entraide sont des valeurs importantes, tout comme le respect des anciens et des traditions. La vie quotidienne est rythmée par des normes sociales strictes, avec des codes de conduite qui soulignent l’honneur, la loyauté et la responsabilité envers la communauté.
La cuisine de Myrilis est assez simpliste et se contente en général de plats de subsistance : la soupe et le pain sont très courants, alors que la viande est plus rare, même au sein de la noblesse. Les myrilisiens, en dehors de la bière, sont très peu consommateurs d’alcool, chaque région ayant ses bières spécifiques.
Les myrilisiens ont généralement une apparence nordique, avec une peau claire, souvent pâle, en raison de l’influence des climats froids de la région. Leurs cheveux sont majoritairement blonds ou châtain clair, bien que des variations de teintes plus foncées soient présentes, et les yeux bleus sont courants parmi eux, même si d’autres couleurs peuvent également être observées. Au niveau de la taille, les myrilisiens tendent à être plutôt grands, avec une stature robuste et une constitution physique solide (en moyenne 1m70).
Le style vestimentaire traditionnel des myrilisiens est adapté aux conditions climatiques de la région, avec des vêtements chauds et fonctionnels tels que des manteaux en laine, des capuches et des bottes résistantes. Les habitants portent aussi généralement des chemises en tissu de lin ou de laine, des pantalons amples en laine ou en lin, des bottes robustes en cuir et divers accessoires tels que des ceintures, des capes et des chapeaux en laine. Les styles vestimentaires peuvent varier selon les sous-cultures et les évolutions historiques, et peuvent également être influencés par d’autres peuples voisins. Encore une fois, il est vraiment mal vu de montrer sa peau, et les habits myrilisiens sont très couvrants.

Exemple d’habitants myrilisiens
Inspirations réelles
Le passage à l’âge adulte à Myrilis se fait de façon assez classique. Il se tient, tous les 7 jours du mois, une messe précise : la « Messe Adultère », qui se constitue en une matinée de prières pour les jeunes adultes atteignant leur 9ᵉ année dans la semaine à venir. Le prêtre et ces derniers, souvent accompagnés de leur famille, prient pour remercier le Seigneur d’avoir permis à ces jeunes d’atteindre leur majorité et que la bonne fortune soit avec eux durant toute leur vie, dans le respect des enseignements émounes. À la fin de la cérémonie, ils reçoivent un petit sceau personnel qui leur permettra tout au long de leur vie de marquer des documents et de participer à différentes fêtes religieuses.
Les myrilisiens, bien qu’ils soient en majorité de confession éclairiste, ont également des communautés émounes significatives au sein de leur société. Cependant, ils peuvent parfois manifester de l’intolérance envers les autres croyances qui diffèrent de l’Éclairisme. Malgré cela, il est important de noter que les myrilisiens ont développé une certaine tolérance religieuse envers les différentes branches de l’émouna, acceptant la présence de ces communautés et leur permettant de pratiquer leur foi relativement librement — ce qui peut s’expliquer par des facteurs historiques, culturels et politiques ayant conduit, au fil du temps, à une certaine ouverture envers la coexistence pacifique entre croyances.
Il convient de souligner que, malgré cette tolérance envers l’émouna, les myrilisiens peuvent toujours manifester de l’intolérance envers d’autres religions ou croyances qui ne sont pas reconnues ou acceptées par la société dominante, en raison de préjugés historiques, de stéréotypes ou d’une méconnaissance des autres traditions religieuses.
La faune myrilisienne est majoritairement composée d’animaux de petite taille, allant de minuscules rongeurs à des coyotes et chiens de prairie qui chassent en meute. Les loups et les ours y sont rares, mais on trouve tout de même un bon nombre de cerfs. Les élevages restent classiques : les chevaux du royaume sont appréciés et exportés dans le nord d’Andellar pour leur bonne résistance au froid.
Myrilis est une nation décentralisée, composée de principautés autonomes les unes des autres, mais unie autour d’un roi. Le roi est élu au sein d’une même dynastie, celle des Dedreux, par le Conseil Fédéral des principautés de Myrilis, composé des princes dirigeant les différentes principautés du pays. Après élection du roi, ce conseil sert aussi de gouvernement, un peu comme le conseil du roi à Aldatia.
L’Armée de Myrilis est divisée. Chaque seigneurie possède sa propre armée, qu’elle compose très souvent à sa façon — par exemple, le Marquis de Rotunberg exige qu’un centième des sujets du marquisat soit dans l’armée, et quand on manque de volontaires, cela se fait par tirage au sort de façon censitaire. Le Domaine royal, lui, est concentré sur l’Ost des vassaux directs du roi. Seul le roi peut convoquer « l’Armée de la Fédération » quand les intérêts du Royaume sont menacés.
L’Économie de Myrilis est principalement tournée vers l’intérieur. Les régions ont très souvent une production minimale de tout pour garantir une certaine autonomie entre elles ; cependant, avec le temps, cette autonomie s’est réduite, et le réseau de routes construit par les différents rois durant le XXXᵉ millénaire a permis une énorme intensification du marché intérieur et avec les territoires des régions voisines. Le sud-est du royaume est le principal producteur de bois et de produits de la chasse du royaume.
Bien qu’il existe quelques mines de fer et de cuivre dans la zone montagneuse de la Principauté de Cristolum, le Comté de Prussof et le Duché de Visturg se concentrent principalement sur la production céréalière — Prussof y ajoutant la pêche et voyant la plus forte production de spiritueux et d’élevages du royaume. Le domaine royal, enclavé, vit principalement de l’agriculture, du commerce avec Ligômyst et de l’exploitation des ressources du fleuve Ténoudah. Le Marquis de Rotenburg est la principale place de passage des ressources en provenance d’Aldatia et de Tannuviel, très souvent des produits de luxe et exotiques que s’arrachent les élites du royaume.
Dans le domaine de la santé, Myrilis est un peu en retard par rapport à d’autres nations. En effet, bien que la santé soit un sujet important pour les populations (avec des variances selon les classes), l’hygiène des myrilisiens peut parfois laisser à désirer, ce qui fait que les maladies se répandent vite dans des villes parfois assez mal entretenues. Les établissements hospitaliers sont quant à eux peu présents, sauf dans le Domaine royal.